La dette de règles
La dette de règles, ce sont les règles implicites, les contournements et les exceptions jamais écrites qui s'accumulent dans les configurateurs et les chaînes de devis. Elle se paie en devis faux, et poser une IA par-dessus ne fait qu'amplifier le problème.
Sept pour cent. C'est la part des industriels qui utilisent les mêmes règles de configuration produit dans toutes leurs équipes et tous leurs systèmes, de la vente à la fabrication.
Partout ailleurs, la même règle vit en plusieurs versions : celle que le commercial connaît, celle que le bureau d'études documente, celle que la production applique.
Le chiffre vient de l'étude annuelle d'un éditeur de configurateurs, Tacton, State of Manufacturing 2026, menée auprès de 280 dirigeants industriels dans huit pays et publiée en juin 2026. La même enquête mesure que 81 pour cent jugent la maintenance de leurs modèles modérément à très coûteuse.
Ce coût a un nom, la dette de règles : les règles implicites, les contournements, les exceptions jamais écrites, qui s'accumulent d'année en année dans les configurateurs et les chaînes de devis.
Et pendant que la dette grossit, tout le marché pose des agents IA par-dessus.
L'IA est une machine formidable. Posée sur des règles décrites, elle devient redoutable. Posée sur une dette de règles, elle ne devient pas plus intelligente, elle devient sûre d'elle. Et ses erreurs passent à l'échelle.
L'éditeur de l'étude le reconnaît d'ailleurs lui-même : l'IA ne répare pas un fil numérique cassé, elle automatise celui qui fonctionne.
Vingt-cinq ans côté client m'ont appris ceci : les outils passent, j'en ai vu trois générations, la dette de règles reste. La rembourser d'abord. Automatiser ensuite.
C'est tout le sujet de la modélisation des règles métier. Pour faire l'état de la vôtre, un audit, ou parlons de votre contexte.